Le Todier de Cuba n'a que dix centimètres. Et pourtant, il ne s'excuse de rien.
Une réflexion sur l'affirmation de soi, la légitimité et cette tendance très humaine à prendre moins de place que ce que nous sommes réellement.
CONFIANCE EN SOI
Murielle Bondil
4/24/2026


Le Todier de Cuba est un tout petit oiseau.
À peine dix centimètres.
Mais lorsqu'on le croise, il est difficile de l'ignorer. Son plumage vert éclatant, sa gorge rouge vif et son ventre rosé attirent immédiatement le regard. Il ne cherche pas à se fondre dans le décor. Il ne tente pas d'atténuer ses couleurs. Il occupe simplement sa place.
Il vit sur son territoire, le défend et s'y déplace avec assurance.
Chez les humains, le chemin est souvent inverse.
Très tôt, nous apprenons à nous adapter. À être raisonnables. À ne pas déranger. À ne pas trop nous mettre en avant. À rester dans les cases prévues pour nous.
Ces apprentissages ont leur utilité. Ils facilitent la vie en société.
Mais parfois, à force de vouloir être acceptés, nous finissons par nous éloigner de nous-mêmes.
Nous baissons le volume de nos idées.
Nous minimisons nos réussites.
Nous hésitons à exprimer nos besoins.
Nous renonçons à certaines aspirations parce qu'elles pourraient surprendre, déranger ou ne pas correspondre aux attentes des autres.
Progressivement, nous devenons plus petits que ce que nous sommes réellement.
Pourtant, ce retrait n'est pas toujours le signe d'un manque de confiance. Parfois, il a été une stratégie de protection. Après une expérience difficile, un environnement critique ou des échecs répétés, apprendre à se faire discret peut sembler plus sûr que de s'exposer. Cette stratégie a pu être utile à un moment donné. Mais ce qui nous a protégés hier n'est pas toujours ce qui nous permet d'avancer aujourd'hui.
Quand l'effacement devient une habitude
Dans mes accompagnements, je rencontre régulièrement des personnes qui possèdent de réelles compétences, une solide expérience ou des talents reconnus par leur entourage.
Pourtant, elles peinent à les reconnaître elles-mêmes.
Certaines n'osent pas candidater à un poste.
D'autres repoussent un projet qui leur tient à cœur.
D'autres encore restent dans une situation qui ne leur convient plus parce qu'elles doutent de leur légitimité à vouloir autre chose.
Le problème n'est généralement pas un manque de capacités.
C'est souvent une difficulté à prendre sa place.
À autoriser sa différence.
À accepter d'être visible.
S'affirmer n'est pas dominer
L'affirmation de soi est parfois mal comprise.
Elle n'a rien à voir avec l'arrogance, l'agressivité ou la volonté de prendre le dessus sur les autres.
S'affirmer, c'est être capable d'exprimer ce qui est important pour soi tout en respectant les autres.
C'est oser dire :
Voilà ce que je pense.
Voilà ce dont j'ai besoin.
Voilà ce que je sais faire.
Voilà la direction que j'ai envie de prendre.
Sans s'excuser d'exister.
Sans demander la permission d'être soi-même.
Retrouver sa juste place
Nous ne naissons pas effacés.
Nous le devenons parfois au fil des expériences, des injonctions, des peurs ou des regards extérieurs.
La bonne nouvelle, c'est que ce mouvement n'est pas irréversible.
Prendre sa place ne signifie pas devenir quelqu'un d'autre.
Il ne s'agit pas de faire plus de bruit.
Il s'agit simplement d'arrêter de se mettre en sourdine.
Et peut-être que, comme le Todier de Cuba, nous pouvons nous rappeler qu'il n'est pas nécessaire d'être grand pour être pleinement présent.
© 2026 - PRISMALIA Coaching - Tous droits réservés
PRISMALIA Coaching
vous accompagne à chaque étape de votre parcours professionnel, du lycée à la fin de carrière, dans vos choix d’orientation, vos évolutions professionnelles et vos projets de reconversion.
