Quand le travail perd son sens... et qu'on continue quand même

Il y a dans Les Shadoks une logique implacable : on pompe parce qu'on pompe. Pas de destination claire. Pas de question posée. Juste un mouvement répété, qui donne l'illusion d'avancer. On en rit, parce que c'est absurde. Et puis, parfois, on se reconnaît.

RECONVERSION

4/20/2026

Le piège du mouvement permanent

Dans le monde professionnel, beaucoup de personnes avancent ainsi. Elles enchaînent, gèrent, produisent. Elles le font bien. Sérieusement. Avec engagement.

Tout semble fonctionner.

Et pourtant, une question reste en suspens. Rarement formulée, souvent évitée : ce que je fais a-t-il encore du sens pour moi ?

Pas au sens abstrait. Pas la mission, la vision ou l'impact global. Mais ce sens plus intime, plus immédiat. Celui qui fait qu'on se lève le matin avec autre chose que de l'inertie.

Cette question, on la repousse. Par manque de temps. Par inconfort. Par peur de ce qu'elle pourrait révéler.

Et on continue de pomper.

Le renoncement silencieux

Un client me disait récemment : "Objectivement, tout va bien. Mais si je suis honnête… je ne sais plus pourquoi je fais tout ça."

Rien ne manquait sur le papier. Le poste, le statut, les responsabilités, la reconnaissance. Et pourtant, quelque chose d'essentiel n'était plus là.

Ce moment a une forme particulière. Ce n'est pas une crise. Ce n'est pas un effondrement. C'est plus discret.

J'appelle ça le renoncement silencieux.

Ce moment où l'on continue, sans être vraiment là. Où l'on s'habitue à ne plus écouter une petite voix intérieure. Où l'on reporte à plus tard ce qui dérange. Jusqu'à ne plus très bien savoir ce que ça disait au départ.

Le piège, c'est que cela ne ressemble pas à de la souffrance. Cela ressemble à de la fatigue. À du pragmatisme. Parfois même à de la maturité.

Et c'est précisément pour cela que ça dure.

Pourquoi les "solutions classiques" ne suffisent pas

Face à cette perte de sens, le premier réflexe est souvent très opérationnel : mieux s'organiser, déléguer davantage, reprendre le contrôle de l'agenda. Optimiser.

C'est utile. Parfois nécessaire. Mais ce n'est pas suffisant.

Parce que le problème n'est pas le temps. Ni la charge. Ni même, la plupart du temps, l'entreprise.

Le problème, c'est autre chose : on a cessé de choisir. On s'est adapté. On s'est ajusté. On a répondu aux attentes. Et, progressivement, on a confondu continuité et cohérence.

Revenir à soi

Retrouver du sens ne passe pas par une meilleure méthode. Cela demande quelque chose de plus exigeant : regarder ce qui, aujourd'hui, n'a plus sa place. Identifier les oui automatiques. Redevenir l'auteur de ses décisions.

Cela demande du courage. Celui de reconnaître qu'on a évolué. Et que certaines choses, qui faisaient sens avant, n'en font plus aujourd'hui.

La vraie question

À un moment, la question n'est plus : "Est-ce que mon travail a du sens ?" Elle devient : "Combien de temps suis-je prêt à faire semblant de ne pas voir qu'il n'en a plus ?"

Ce n'est pas une question confortable. Mais c'est souvent celle qui ouvre un espace de mouvement réel.

Arrêter de pomper

Arrêter de pomper, ce n'est pas s'arrêter. C'est arrêter de fonctionner en automatique. C'est recommencer à choisir.

Avec qui vous êtes aujourd'hui. Pas avec qui vous étiez au départ. Pas avec ce que l'on attend de vous.

C'est souvent là que commence le vrai travail.

Et si vous êtes dans cette phase…

Si votre travail continue… mais sans vous, inutile de précipiter des décisions radicales.

Mais il peut être utile de créer un espace pour regarder les choses en face. Sans pression. Sans injonction à tout changer.

C'est exactement ce à quoi peut servir un accompagnement en coaching de transition : remettre de la clarté là où le mouvement a pris le dessus.